Premiers témoins, les digues s’étendent parfois sur des kilomètres. On les trouve encore presque intactes sur l’île Nouvelle, où près de 10 kilomètres de levées de terre et de fascines forment un rempart contre la marée et l’envahissement. Ces digues, parfois dites "calottes de Hollandais" en référence aux techniques néerlandaises importées dès le XVIIe siècle (Département de la Gironde), racontent la volonté d'encercler les terres, les assainir, y semer grains, vignes et prairies.
-
Île Nouvelle : Les canaux divisent le terrain en carreaux drainés. Les anciens plans montrent un maillage rigoureux, chaque lopin traversé d’un fossé pour rejeter l’eau surnuméraire au fleuve.
-
Patiras et Verte : Même logique de quadrillage, même sentier sur la levée, sillonnés aujourd’hui par les pas du visiteur ou du bétail sauvage.
L’entretien de ces ouvrages, coûtant des centaines d’heures chaque année, devait lutter contre les crues, la marée et la sédimentation. Une donnée : entre 1875 et 1930, près de 80% de la surface des îles de l’estuaire étaient exploitées de façon active (source : Archives départementales de Gironde, série S).