Le véritable tournant dans l’histoire de la sécurité maritime s’est joué en 1862, avec la mise en service du phare de Patiras. Haut de 30 m, son faisceau balayait alors une zone stratégique, avertissant des hauts-fonds meurtriers qui semaient naufrages et pertes humaines (source : Phares de France).
Ce phare n’était pas le premier, ni le seul de l’estuaire (on pense à Cordouan, plus proche de l’océan), mais il marquait un jalon intermédiaire décisif pour :
- Assurer un relai lumineux entre le large et Bordeaux.
- Sécuriser la zone où confluent navigation maritime et fluviale.
- Donner un point de repère pour le pilotage, notamment lors des manœuvres de virage ou d’évitement des bancs.
À la fin du XIXe siècle, ce sont plus de 5 000 navires marchands qui croisent chaque année dans l’estuaire (données issues des archives de la Chambre de Commerce de Bordeaux). Le phare de Patiras réduit sensiblement les accidents. Les statistiques officielles indiquent une chute de plus de 40 % des échouages dans la première décennie suivant son installation.
Ce rôle de vigie sera confirmé pendant les deux guerres mondiales. Les navires de guerre et les convois ravitaillant la façade atlantique utiliseront ce point d’appui lumineux, même si le phare fut temporairement éteint par mesure de sécurité durant la Seconde Guerre mondiale.