Dans l’estuaire de la Gironde, le paysage n’est jamais figé. Il bouge. Le fleuve sculpte, avale, disperse et offre parfois. Ici, entre les deux rives, se tissaient autrefois une constellation d’îlots, certains minuscules, d’autres plus imposants, qui ont porté pêcheurs, cabaniers, vignes ou berges sauvages. Beaucoup ont été engloutis, emportés par la confluence, transformés par les crues et les aménagements successifs du chenal. Mais la mémoire des lieux ne disparaît pas avec la terre. Les récits locaux persistent, ancrés dans la parole, les archives, la toponymie et même les cartes marines.
Selon un rapport de la Direction Départementale des Territoires (Gironde, 2017), une trentaine d’îlots étaient encore dénombrés sur l’estuaire au XIXe siècle ; aujourd’hui, moins de dix subistent, d’autres ayant disparu, fusionné ou migré au fil du temps.