Le vent, maître des marées et des silences, peut se muer soudain en force impétueuse. L’estuaire, aligné sur l’axe du Golfe de Gascogne, se trouve fréquemment exposé aux tempêtes venues de l’Atlantique. Certaines laissent une empreinte plus profonde.
- La tempête Martin (1999) : Avec des vents ayant atteint 198 km/h sur la côte (source : Météo France), les digues entre Blaye et Bourg ont tenu bon, mais les berges se sont effondrées par endroits, charriant des arbres centenaires dans les flots.
- Xynthia (2010) : Si Royan subit l’essentiel de la submersion, la houle et le vent conjugués à une marée de vive-eau provoquent des débordements jusque dans les ports de l’estuaire. Ici, les carrelets vacillent ; là, les carreaux de tournesols sont noyés (source : BRGM).
- Effet sur la morphologie : En 2014, lors d’une succession de tempêtes hivernales, l’érosion des berges a atteint par endroits plus de deux mètres de recul en une nuit entre Saint-Georges-de-Didonne et le Verdon.
La mémoire de ces tempêtes se lit sur les façades des maisons, le long des digues réparées, dans les récits des pêcheurs. Les tempêtes accélèrent l’érosion, modifient l’habitat, font apparaître ou disparaître des criques, parfois des îlots éphémères. Elles redistribuent le sable, déplacent les poches vaseuses, brouillent l’équilibre entre eau douce et salée.