Le suivi du trafic aujourd’hui montre que, si le nombre de cargos a baissé, l’estuaire reste « vivant ». Les cargos céréaliers assurant l’exportation des blés girondins, les péniches du fret fluvial, et plus récemment les paquebots de croisière passant par Pauillac (près de 40 escales touristiques enregistrées en 2019 – Source : Office de Tourisme Pauillac).
Le phare de Patiras a été modernisé : il continue à fournir son signal distinctif, intégré aux schémas modernes de navigation électronique (cartographie AIS, repérage GPS, logiciels de pilotage). Sur place, la Fondation du Patrimoine lui a offert une restauration complète (2003-2004) : l’édifice est aujourd’hui accessible aux visiteurs et géré par l’association XM Patiras.
Le rôle de Patiras se déploie désormais autour de :
- La sécurité de la navigation de plaisance et professionnelle : plus de 400 bateaux privés déclarés par an dans la zone (estimation Voies Navigables de France 2022).
- La préservation du patrimoine : phare classé Monument Historique depuis 2012.
- L’éducation et la médiation : séjours pédagogiques, visites guidées, sensibilisation à l’écologie de l’estuaire.
Phare et météo : alliés face aux caprices du climat
Patiras n’est pas qu’une sentinelle statique. Les gardiens, puis l’automatisation, offraient un relais fiable, en lien avec la capitainerie de Bordeaux. La tour permet toujours aux pilotes ou aux plaisanciers de s’orienter lorsque le brouillard s’abat ou lorsque les coups de vent de suroît soufflent jusqu’à 90 km/h au printemps (record du 26 mars 1968, Source : Météo France).
C’est aussi grâce à l’appareillage lumineux de Patiras que l’on a évité plusieurs échouages récents de bateaux de plaisance pris dans la vase, zones mouvantes où la marée recouvre tout. Les témoignages recueillis par l’association XM Patiras et par le Journal Sud-Ouest rapportent au moins trois sauvetages coordonnés entre les plaisanciers et les secours, via l’appui du repère lumineux, durant la décennie 2010.