Tenir un phare, c’est avant tout veiller : à la rampe d’escalier, à la mécanique du feu, au journal de bord, au changement des lampes à pétrole puis au pétrole, plus tard à l’électricité. La vie s’articulait selon un rythme de quarts, avec une alternance régulière :
- Les veilles de nuit : par période de 2 à 4 heures, du coucher au lever du soleil. Le gardien devait surveiller sans relâche la flamme et l’alimentation en carburant. Une absence pouvait mener au naufrage : la sanction était immédiate.
- Le nettoyage : chaque matin, nettoyage du verre, des lentilles de Fresnel (parfois pesant plus de 5 tonnes), essuyage de la tourelle afin d’enlever le sel, les suies, la poussière.
- Entretien technique : vérifications régulières des engrenages, du mécanisme d’horlogerie, entretien du générateur, application de la graisse sur les parties mobiles.
- Tenue des registres : chaque incident, chaque réparation, chaque rotation était consignée dans un journal officiel, contrôlé lors des inspections inopinées.
La discipline était omniprésente. Le règlement intérieur interdisait toute absence du poste sans relève, inculquait l’ordre, la sobriété, la loyauté (Phares & Balises). La moindre négligence donnait lieu à des blâmes, des mutations disciplinaires, parfois des renvois. Quelques cas d’oubli tragique sont inscrits dans les archives nationales (par exemple, l’extinction accidentelle du feu du phare de la Coubre en 1867).