L’estuaire de la Gironde impressionne par ses dimensions, sa lumière, ses bancs de sable qui respirent au rythme des marées. Au cœur de cet univers liquide, on distingue des îles. Quelques-unes sont connues — Patiras, Margaux, Nouvelle — et d’autres s’effacent dans les plis de l’eau, ancrées entre la mémoire et l’oubli. Les îlots de l’estuaire, tels que Bouchaud, Verte, Cazeau, Arcins, Fontmorle, sont moins dans les guides que dans les récits de marins ou les cartes anciennes.
Ici, le relief n’est pas celui d’un rivage classique : la ligne entre terre et eau danse sans cesse, dictée par les crues et les érosions. L’estuaire de la Gironde, plus vaste estuaire d’Europe occidentale avec ses 75 kilomètres de long et 12 kilomètres de large à l’embouchure (Géoportail), compose une mosaïque de terres fugitives, où des îlots émergent et disparaissent au fil des siècles. Le recensement le plus précis estime que l’estuaire a connu jusqu’à cinquante îlots au XIXe siècle, contre une quinzaine aujourd’hui, selon l’Observatoire de l’Estuaire.