Un vignoble insulaire : rival des châteaux du Médoc
L’île Margaux est indissociable de la vigne : le phylloxéra XIXe siècle et l’abandon des terres ont eu raison de cette tradition, mais, jusqu’alors, le vin produit sur l’île était réputé pour sa finesse et sa concentration. Officiellement, dès 1824, le vin de l’île Margaux figurait dans les exportations du port de Bordeaux (Castéja, Histoire du vin à Bordeaux).
- Des cépages adaptés : principalement merlot, cabernet-sauvignon, et un peu de malbec. Les sols filtrants de l’île facilitaient la maturation.
- Un profil aromatique marqué : on évoquait des vins plus « solaires » que sur les communes voisines.
- Une taille particulière : en raison du risque d’humidité, les vignes étaient souvent plantées sur butte et taillées plus court, pour éloigner grappes et feuilles des brumes au sol.
Cultures maraîchères et vergers
À côté de la vigne, île Margaux accueillait, selon le cadastre napoléonien, près de 6 ha de maraîchage vers 1850, répartis entre asperges, fèves, pois, et quelques rangs de pommiers et pruniers. Les hivers doux et la montée précoce de la sève favorisait les récoltes plus hâtives que sur la terre ferme.
- Asperges : précocité, parfum doux, texture plus fine, recherchée sur les marchés de Bordeaux dès avril.
- Fèves et pois : récoltes fin mai, parfois jusqu’à deux semaines d’avance sur Labarde ou Cantenac.
- Vergers : peu nombreux, mais pommiers sveltes et pruniers résistants donnaient des fruits moins exposés au gel.
Un registre de 1887 signale ainsi « 25 charretées de légumes, 8 caisses de fruits expédiées en une saison » rien que pour l’exploitation Blanchard, sur l’île (Archives départementales de la Gironde).
Prairies et élevage modeste
Les parcelles les plus basses étaient laissées en pré pour la fauche du foin, nourrissant quelques bovins et chevaux. Pas de grands troupeaux : l’eau montante et la salinité rendaient l’élevage difficile, mais l’herbe, croissante et tendre dès mars, constituait un atout pour compléter les revenus insulaires.