Lorsque l’activité agricole décline, Patiras redevient le royaume du vivant. Aujourd’hui, l’île est une mosaïque d’écosystèmes typiques de l’estuaire :
- Roselières à perte de vue, refuges de hérons, de martins-pêcheurs et d’aigrettes garzettes.
- Prairies humides gagnées par les flots lors des hautes eaux, fertiles pour les grenouilles, crapauds et insectes rares.
- Bosquets de peupliers et de saules, tissés de liserons et de houblon sauvage, où nichent parfois le milan noir ou l’épervier.
Le recensement ornithologique 2022 réalisé par la LPO Aquitaine a dénombré plus de 108 espèces d’oiseaux sur l’île au fil des saisons, dont le râle d’eau et, plus exceptionnel, le hibou moyen-duc en période de reproduction. Les rives argileuses abritent la couleuvre à collier, des ragondins et une multitude de libellules endémiques.
Un refuge naturel sous influence humaine
Si Patiras est redevenue sauvage par endroits, elle n’est pas pour autant délaissée. Depuis 2010, elle fait partie du périmètre Natura 2000 “Estuaire de la Gironde et marais de la rive droite”, gage de protection mais aussi d’une gestion attentive de la biodiversité (source : Natura 2000).
L’intervention humaine reste nécessaire : pâturages de races rustiques pour contenir l’expansion des saulaies, gestion des espèces invasives comme la renouée du Japon, restauration de prairies inondables sont autant d’exemples des pratiques actuelles. Le Conservatoire du Littoral, propriétaire de l’île depuis 2003, pilote ces actions en lien avec des associations locales.