Durant le début du XXe siècle, malgré l’isolement, une petite communauté agricole prospère sur l’île Nouvelle. Les digues, entretenues à la main, constituent à la fois une promesse et une épée de Damoclès : dès que la vigilance faiblit, le fleuve s’infiltre.
- Un employé, souvent surnommé “le garde-digue”, avait pour tâche de surveiller l’ouvrage marquant l’île entière.
- Un effondrement, survenu lors de la crue de 1937, noie brutalement une partie des cultures—les archives rapportent une perte de 80 % des récoltes cette année-là (source : Archives départementales de la Gironde).
Les habitants vivent au rythme des saisons, craignant chaque crue hivernale. Pour eux, la digue est synonyme de sécurité, mais aussi d’une perpétuelle réparation. Les hivers marqués par les grandes eaux sont souvent racontés par les pêcheurs dans les estaminets du Blayais : “Sur l’île, il fallait dormir les bottes aux pieds.”
Malgré tout, jusque dans les années 1950, la vigne occupe une part importante de la surface cultivée. Le phylloxera et l’évolution du marché du vin amorcent le déclin. Les familles partent, l’école ferme en 1963, seul un éleveur de bovins résiste jusqu’en 1990.