Si la plupart des îlots en voie d'abandon n'ont pas retrouvé d’usage agricole, ils abritent désormais toute une faune et flore remarquables : cigognes, hérons, ragondins, parfois des espèces en reconquête, comme la tortue cistude. L’Île Nouvelle, passée sous la gestion du Conservatoire du littoral, est aujourd’hui un laboratoire vivant : on y observe le retour progressif des mares et des prairies, dans un équilibre délicat avec les crues, qui font désormais partie de la dynamique écologique.
La mémoire des crues et des tempêtes façonne ainsi la silhouette mouvante de l’estuaire. Chaque îlot abandonné porte l’empreinte de la puissance du fleuve, mais aussi celle de la patience du vivant. Questionner l’abandon, c’est donc aussi interroger l’évolution de l’estuaire, à travers nature, histoire et science — une invitation à regarder, non plus seulement la disparition, mais la transformation.
Pour prolonger la balade : « Mémoires du fleuve Gironde » (André Rebsomen, éditions Confluences), « Les îles de l’estuaire de la Gironde » (C. de Courson, 2019) ainsi que l’Atlas de l’Estuaire de la Gironde (SMIDDEST, 2018).